La grande bascule

flaurQui a dit « la vie continue » ?

En septembre 2008 ma compagne disparaissait dans un accident de la route. À cette époque les soutiens sont venus de partout.

J’apprends ce lundi 13 février 2012, sur un des premiers blogs découvert à l'époque où le mot nous signifiait encore quelque chose, que l’histoire se répète.

Comme des amies l’ont fait à l’époque en souvenir de ma Sonia, je dépose une fleur en ce lieu pour témoigner de leur amour.

Que jamais l'intransigeance ne l'oblige à faner. 

Chez moi c'est chez vous

 

 

Si vous me jugez que ce soit par mes actes, non à cause de morales douteuses. 

Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 07:49

Voici mon occupation du moment, un roman sur les Amazones. La plupart des écrits à leur sujet émanant d’hommes, donc avec une empreinte qui les avantage, j’ai voulu créer un mythe parallèle qui donne la part belle aux femmes. Je suis ainsi faite.

 

« Ainsi la colonne prit ses quartiers dans le village, femmes et filles regroupées dans chaque maison par affinités. Rien ne fut imposé que de suivre l’entrainement les jours suivants, dans le but de maîtriser les gestes guerriers garantissant la survie comme d’affermir les esprits. La halte imprévue, au lieu de retarder les projets, permit au contraire de gagner un temps précieux.

Les habitantes prirent goût aux exercices avec une énergie grandissante engendrée autant par le besoin que la volonté de vivre intrinsèque à des personnes jeunes. Le sang dans leurs veines bouillait de ressentiments qu’il fallait transformer avec sagesse en fierté.

Le village des veuves cependant devint plus qu’un simple camp militaire. Un respect mutuel naquit entre toutes, libéré des vulgaires considérations d’âge ou d’origine. Chacune se sentit rapidement fille, sœur ou mère d’une autre, à tisser des liens puissants qui augmentèrent la cohésion, lui donnant la puissance du mortier qui scellait entre elles les pierres taillées des plus grands édifices connus.

Parfois quelques-unes se surprirent elles-mêmes à rire de rien ensembles, d’autres à faire plaisir en raccommodant pour une inconnue la tunique déchirée, ou encore à partager telle recette transmise d’habitude dans le secret familial.

Il en fut ainsi entre Hélène et Amapola, dans un but autre cependant. Les deux ressentaient le besoin d’isolement sitôt le soleil trop bas pour l’exercice. Si certaines s’adonnèrent à des jeux intimes partagés dans le but d’assouvir un naturel besoin transmis par l’instinct, il fut incontestable que le cœur de l’une et celui de l’autre battirent à l’unisson d’une pensée bien moins primitive.

Un sentiment partagé naquit que bientôt nulle ne songea à ignorer, pourtant que personne ne moqua tant la splendeur de les voir réunies intimidait le soleil lui-même. Aussi, quand la nécessité du devoir commandait de les séparer, des regards langoureux chargés d’affectueuses missives anéantissaient les distances comme l’eut fait la flèche précise de Thémis ou le rapide coursier de Danaé.

 

Au couchant du quatrième jour elles se retirèrent dans une chambre afin de profiter d’un peu d’intimité avant le repos mérité par l’assiduité à un entraînement harassant. Les mots se firent plus suaves encore qu’à l’accoutumée, les pensées plus précises. L’insondable vérité des sentiments les marqua de son empreinte.

Il est des scènes dont un sculpteur ne saurait être témoin, qui reste l’apanage des poètes car les lettres seules servent la justesse des émotions.

Hélène et Amapola mêlèrent sueurs et larmes de plaisir en un corps-à-corps enivrant. Du sein rond à l’antre magnifique elles firent connaissance, par des doigts audacieux caressées et par des bouches gourmandes embrassées, sans plus penser, jusqu’à épuisement. La jouissance des corps entraîna la paix des âmes révélées l’une à l’autre.

Quand le matin enfin les réveilla dans les bras tendrement enlacées, elles s’accordèrent un nouvel instant d’une saveur particulière comme preuve de leur attachement mutuel. »

Par Jo
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